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Musique

BIC face aux générations : héritage, adaptation et responsabilité

John Wilson FELIX 2026-02-06 16:21:00

Invité de l’émission Cherubin On The Air animée par Esau Cherubin, BIC a livré une réflexion dense et structurée sur la relation entre les anciennes et les nouvelles générations d’artistes, dans un contexte marqué par de profonds changements sociaux et technologiques. Plus qu’un simple échange, l’intervention du rappeur a pris la forme d’un plaidoyer pour l’adaptation, la conscience et la responsabilité.

Pour BIC, une génération n’est pas une étiquette, mais une époque. Une période où des individus partagent les mêmes réalités, les mêmes contraintes et les mêmes références. C’est à partir de cette idée qu’il analyse les différentes générations, de la génération X à la génération alpha.

La génération X, selon lui, a grandi dans un cadre strict, avec un fort contrôle parental. Elle disposait de peu de moyens, mais de beaucoup de temps : le temps de se former, de lire, de se connaître et de créer des liens solides. Cette génération était profondément connectée humainement, même si elle manquait de rapidité et d’accès.

La génération Y, dite millennials, se situe entre deux mondes. Elle a connu le physique et l’analogique avant l’arrivée du numérique. Capable d’emprunter les codes des deux univers, elle souffre néanmoins d’un déficit de concentration et d’une dilution des relations humaines, à l’heure où l’amitié se compte en centaines sur les réseaux sociaux, sans toujours être réelle.

Avec la génération Z, puis la génération alpha, le numérique devient natif. Tout est accessible, immédiat, pratique. Les limites disparaissent, la vitesse s’impose. Si cette réalité offre des opportunités inédites, elle pose aussi la question de la profondeur, du sens et de la transmission.

Pour l’artiste, le problème ne réside pas dans l’existence d’une génération ou d’une autre, mais dans la capacité de chacune à comprendre son époque et à s’y adapter intelligemment. Refuser l’évolution revient à se placer sur la trajectoire d’un train lancé à pleine vitesse.

« Se pa goumen pou n goumen kont yon tren k ap vini. Se bak pou n fè pou l pase. Se de chwa : swa li kraze w, swa li ale kite w. »

Cette réflexion s’étend naturellement au rôle de l’artiste. BIC estime que l’artiste ne crée pas par manque ou par quête personnelle, mais pour apporter. La motivation, selon lui, ne se cherche pas à l’extérieur : elle se construit d’abord en soi, avant d’être partagée avec ceux qui peuvent contribuer au bien collectif.

Fort de 25 ans de carrière et de 10 albums studio, BIC affirme toujours prendre du plaisir dans ce qu’il fait.

« Se vim map viv, se plezi m map pran. »

Une vision qui explique la longévité de son œuvre et son refus de la facilité. Il dit avoir été choisi pour produire une musique que tout le monde peut chanter, une musique appelée à survivre à son créateur.

« Mizik mwen pral kòmanse viv se lè m mouri. »

Absent du pays depuis un certain temps, l’artiste n’a toutefois pas caché son malaise face à l’éloignement d’Haïti, un pays auquel il reste profondément attaché, malgré la distance.

Revenant brièvement sur ses débuts, BIC rappelle que la musique n’était pas une vocation évidente. Ni ses parents ni lui-même n’imaginaient un tel parcours. C’est à l’université qu’il fera la rencontre du groupe Flex, originaire de Pétion-Ville, avec lequel il participera à deux albums marquants : Work So Hard (1998) et Pouki (2001), une étape déterminante dans sa trajectoire artistique.

Toute l’émission est disponible sur YouTube. Cliquez sur ce lien pour regarder l’interview complète.

https://www.youtube.com/watch?v=oAO5hR-3UFY&t=1157s

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