Werenoi : la mort brutale d’un géant du rap français à l’âge de 31 ans
Le monde du rap est en deuil. Werenoi, de son vrai nom Jérémy Bana Owona, figure du rap français, est décédé ce samedi 17 mai à l’hôpital. Il avait 31 ans. L’annonce a été confirmée par son producteur, Babs, sur le réseau social X : « Repose en paix mon frère. » Le choc est immense, tant pour ses fans que pour l’industrie musicale.
En à peine quatre ans de carrière, Werenoi s’était imposé comme l’un des artistes les plus influents de sa génération. Il était le plus gros vendeur de disques en France en 2023 et en 2024, selon le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP). Son troisième album, Diamant noir, sorti le 10 avril 2025, s’est immédiatement hissé à la première place du Top Albums, comme ses deux précédents opus : Carré en 2023 et Pyramide en 2024.
Une discrétion publique, une intensité artistique
Werenoi ne laissait paraître que très peu d’émotions en dehors de la scène, arborant une expression neutre et des lunettes de soleil. C’est dans ses textes, dans ses performances, qu’il dévoilait toute sa sensibilité. Dans une interview accordée au Parisien en janvier 2024, il confiait : « Être l’artiste qui vend le mieux, c’est quand même une surprise, mais cela veut dire qu’on a fait du bon travail. On ne l’a pas fêté. Il faut garder la tête sur les épaules. » Il attribuait son succès à une discipline de fer : « Je passe quasiment ma vie en studio. »
Une machine à hits saluée par la critique
Qualifié de « véritable machine à hits », Werenoi mêlait rap incisif et mélodies accrocheuses, travaillant avec soin chaque chanson. Son style, à la fois brut et mélodique, touchait un large public. À la sortie de Diamant noir, la Fnac saluait un « récital à la hauteur des espérances : à la fois bourré de spleen, de productions ultra-efficaces (signées Barbe Noire ou Noxious) et de mélodies scotchées dans le cerveau. »
Une perte immense pour la culture urbaine
Werenoi laisse derrière lui un héritage artistique puissant, bâti en un temps record. Sa disparition marque une perte immense pour la musique française. Il était plus qu’un rappeur : une voix de sa génération, un travailleur acharné, un artiste complet.
Le silence qu’il laisse résonne comme un écho amer dans les cœurs de ceux qui l’ont aimé et écouté.
